Présent des astres

by La Collectore

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  • Compact Disc (CD) + Digital Album

    3ème album Digipack 3 volets - livrets 16 pages

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1.
04:17
Regardez, la horde disciplinée s'élance. Le bruit des bottes envahit les rues et les cuirs grincent dans les plis des costumes effrayants. Regardez les sauvages alignés dans leur marche aliénante, ils pénètrent dans la ville et le pilote les pousse de ses doigts de diamant. Arrivant maintenant au diamètre ils s'insèrent et tout autour d'eux s'effondre. Regardez dans leurs yeux, la ferraille, le vide du canon assourdissant. Ils sourient et leurs dents sont acides et leurs langues acerbes crachent des flammes glaciales. Gerbent des torrents de lave. L'empreinte de leurs pieds demeure indélébile, sous leur poids délirant la roche s’aplatit la plaine s'établit, l’ascension assassine d'essence et de souffre où l'air entier s’essouffle de la moiteur opaque à leurs visages lisses. Regardez ils rentrent au galop, ferrés jusqu'au ventre où leur matraque immonde est mise en bandoulière. À leur front blanc l'emprise est affichée, le bleu du ciel et le rouge du crime. Regardez ils atteignent les cimes de ciment et brandissent le vide et leurs gestes syncros de cadavre ambulant ont des allures inquiètes. Ils répondent à l'appel en parfaite symbiose et leurs joues blanches oublient qu'un jour elle furent roses. Regardez retomber en poussière leur démarche brûlante, et le vide autour d'eux s’établit sur la plaine, aveuglés dans le creux servile de leurs visières. Regardez ils avancent mais jamais n'atteignent la lisière.
2.
03:32
Debout les agités, réveillez-moi tout ça Debout les indomptés, levez bien haut le doigt Il faut être unanimes, unis pour le combat Ça divise, la famine, ne vous y trompez pas Il y a des choses acquises qui sont sans compromis Rien à foutre de la crise, tous nos droits sont permis Insoumis, indignés montrez donc la voie De tous les résignés faites naître la voix Par la désinvolture et des rêves de milans Terrassez les ordures, décapitalisant Tirez un trait bien net sur ce climat grisant Et sur la place nette érigez donc l'enfance Debout les révoltés de conflits si lointains Soudain très concernés, grâce aux petits malins Jouant d'ambiguïté pour l’intérêt certain D'obscurs illuminés prenant la haine au sein Quel est donc ce malaise et ses idées fumantes ? Que sont ces vilaines guerres de palabres indécentes ? Vous tirez sur vos frères cherchant le plus mourant Débilités vulgaires qui vont au plus offrant Et c'est dans l’aparté sordide de l'écran Que vous croyez cracher la mort des géants Faisant le jeu propice à l'enracinement Très bon pour le ficus, mortel pour les vivants Où étais tu hier quand on volait nos droits Sur quel front d'injustice on voyait ton front droit Faut il que le nazisme soit au fond des gradins, Qu'il attise ton cynisme pour que tu lèves le poing ? Et refoule en conneries tes réflexions passées Ces douces rêveries qui faisaient ta bonté Te plaçant sous le voile d'obscurs illusionnistes Ton cerveau confiné devient négationniste, Sectaire ou ignorant, dans l'ennui qui s’immisce Dans l'inaction propice aux propos délirants. Ou bien pire dans les factions de manifs gerbantes
3.
Plus rien à perdre en pleine mutation Génétique, dégénérés pour des générations Acculés de l'enfance au funérarium Écrasés par la force du consortium Tu t'évades de l'enfer vers un autre futur On ne sait faire que fuir au fur et à mesure On a le goût du fer dans les veines et la bouche Dans les bras de la bête élégante on se couche Et amer et perfide le ver s'insinue Tache le sol et les pierres, l'océan et les nues Fait gicler son poison sur toutes les résistances Les âmes vagabondes, les êtres en errance Toujours les dieux, le sexe et la violence Le regard bienveillant des bourreaux et la chance De trouver un ailleurs en écrasant les autres Effacer tous ses rêves un palimpseste propre Plus rien à cracher, plus rien à trasher On a tout arraché comme des bêtes harnachées Affables et affamées, ne reste qu'à enflammer Le futur auquel enfant on était attaché On est plus fâchés, juste fauchés et fichés Tout est faux franchement rien ne sert de tricher De tenir l'étrier d'un fidèle destrier Les rennes de la raison sont faussées, déchirées Constat glacial dans toutes les directions Meurtres en série et préméditation Qui parle de bienveillance pour la population Qui désigne les coupables de la pollution Naître dégénéré, univers carcéral L'infini s'est noyé dans le casse tête cérébral On veut baisser les armes, plus libérer les femmes Ne plus avoir à dire, cessez donc d'être infâmes Ça coule sous le sens pourtant les éminences N'ont cure de la chute, voient les drames comme la chance De rebâtir des murs sur les terres dévastées De plaquer leurs enseignes jusqu'au plus hauts sommets Plus rien à cracher, plus rien à trasher On a tout arraché comme des bêtes harnachées Affables et affamées, ne reste qu'à enflammer Le futur auquel enfant on était attaché On est plus fâchés, juste fauchés et fichés Tout est faux franchement rien ne sert de tricher De tenir l'étrier d'un fidèle destrier Les rennes de la raison sont faussées, déchirées Dévoyer la culture, les produits dérivés Flottent sur la nature les âmes dévoyées Derrière chaque mirage rose et publicitaire La conscience des « sages » froide et totalitaire Du glyphosate dans l'air, la chimio dans le sang Des particules de merde dans chaque parcelle de vent Coûte que coûte inventons, si la nuit nous réserve De ne pas devenir fou. Seul l'art nous préserve De ne pas rentrer dans la formule de leur ordinateur Le numéro grandiose de la haine et de la peur Plus rien à cracher, plus rien à trasher On a tout arraché comme des bêtes harnachées Affables et affamées, ne reste qu'à enflammer Le futur auquel enfant on était attaché On est plus fâchés, juste fauchés et fichés Tout est faux franchement rien ne sert de tricher De tenir l'étrier d'un fidèle destrier Les rennes de la raison sont faussées, déchirées
4.
Descendus des centres de rétention nous contemplons, l'étendu désastre dans la quête éperdue des astres. Nous nous adressons à vous depuis les demains à venir accrochés à la proue d'un bien fragile navire. Nous avons quitté nos maisons et notre petit bout de terre mais on ne voit à l'horizon que la tempête en haute mer. Salis sous le linceul d'une voie sans issue seule la nuit nous recueille sans signer de reçu. Sans lien, seuls silencieux, sans un lit sous les cieux sans un sou sous la pluie, tels des nuées de nuit nous traversons des villes dénuées de sens tout enrobés du cri étouffé de l'exil, l'attribut de l'errance. Refrain : À nos pieds des cercueils, et nos deuils volés. Pas d'papier sur le seuil la porte est restée fermée. Nos yeux brûlent du souvenir d'un avenir avorté. On paie le prix de l'espoir épris de liberté. De l'aube au crépuscule nous ne cessons de marcher, sur les trottoirs ça se bouscule, c'est si facile de trébucher. Dans la nuit noire de nos mémoires coule un chant ininterrompu. Sur le grimoire de l'histoire toutes les larmes seront tues. À l'encre rouge nous ne pouvons lire l'envolée que ce fut quand l'élan nous jetait, les pas perdus, les déserts bus, la mer qui nous r'crachait et les rivages défendus terres hérissées de barbelés. Ligne d'arrivée à la dérive. Barrage. Les berges deviennent barjes, fini le temps des terres vierges. Tournez manège ! Ils font l'ménage pendant qu'on joue au chasse-neige. Refrain : À nos pieds des cercueils, et nos deuils volés. Pas d'papier sur le seuil la porte est restée fermée. - Kayou -
5.
Malgré le peu de temps restant, le poids de nos vies à crédit, malgré les comas rassurants d'une population asservie, malgré la chape de plomb saturée par vos médias accrédités, malgré la misère et les sommations, sachez que nous n'aurons pas peur. Malgré la ferveur du cerbère, vos fonds de pension, vos capitaux, malgré vos murs et vos barrières, vos hymnes et vos casinos, malgré la foule de vos complices, vos forces de l'ordre assermentées, devant l'arme chargée des milices, sachez que nous n'aurons pas peur. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent, que nos pères se lèvent. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent. Devant le portail de nos doutes, et la longueur de la course devant l'épaisseur de la croûte, de vos dégâts côtés en bourse Devant la mise à mort programmée de nos droits et de nos prières, Malgré vos marchés tortionnaires, de vos dérives publicitaires Sachez que nous n'aurons pas peur. Devant le pouvoir de vos banques, de vos corbeaux en cols blancs, les reconduites à la frontière et votre fierté en charter, Devant l'odeur des canons, de vos forces spéciales de dissuasion, même les pieds et les poings liés, Sachez que nous n'aurons pas peur. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent, que nos pères se lèvent. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent. Nos enfants insouciants seront les premiers, bras ouverts accueillants sans arrières pensées. Nos enfants insouciants seront les premiers, bras ouverts accueillants les balles de leurs aînés, nous rendrons la monnaie de cette pièce ensanglantée. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent, que nos pères se lèvent. Parole à la défense, que la foudre tombe, que les pavés s'élèvent.
6.
On lâchera rien, pas même un centimètre On est des chiens, on aboie, on s'promène Toute forme d'injustice, un cri de ralliement Toute forme de police, une cible en mouvement On est des vauriens si c'est vous qui le dites Mais pour nos prochains, nous sommes joie de vivre Malgré tous nos torts, nous portons l'espoir De pourrir les porcs, d'hisser le drapeau noir Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est qu'on veut pas être mort avant d'crever On a les raisons, le but, les porte-flingues On a les porte-voix, le blé et les seringues Mais la rébellion ne prend pas sans peuple Sans l'instruction de ceux qui nous accablent On lâchera rien, quand chaque jour se lève Avec la même faim de défoncer les règles Qui poussent les parias à tirer sur les coffres Qui font des lambda asservis qui s'offrent Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est qu'on veut pas être mort avant d'crever Des montagnes Basques au maquis de Corse Soyons fantasques usons ruses et forces Tapis dans les forêts frappant dans le noir Affamés, paumés avec pour étendard La terre et la vie pour toute la famille Eh ouais papy ! Que pour tout l'monde ça brille Pour laver la crasse laissée sur vos champs On doit taire vos faces de cadavres ambiants Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est qu'on veut pas être mort avant d'crever Plus de palabres plus de cérémonies On veut du temps, de l'amour et du riz Plus de palais / plus de ghettos sinistres Chacun sa peine, du cireur au ministre Commémorations, étoiles décernées Gaspiller le pognon et laisser crever, salir la mémoire et voler l'argent À la nouvelle foire de mort et de sang Pauvres ignorants des sens et de l'espace Nous sommes vivantes, plantes de toutes espèces Nous couvrirons vos peurs et nos arrières Vous recouvrant de rouille et de lierre Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est qu'on veut pas être mort avant d'crever Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est le rire des oiseaux dans l'opacité Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est les juges, c'est les procs et les condés Mais surtout, ce qu'on veut pas lâcher C'est qu'on veut pas être mort avant d'crever
7.
05:10
Eh ouais ma gueule, dix ans d'aventure ça laisse des traces. Ça laisse des bleus et des sutures ça laisse la place À nos cernes accrochées à nos figures de faux durs, Où l'on peut lire, immaculé, le rythme des rires qui durent Et parcourent sans retour l'ardente route dérive, Avec ses cimes et ses croûtes, posée là sans balises. Pas de testament pas d'actes pas de règles dans notre commune Le regard en dit plus long qu'un anneau de Saturne Ça tourne là dedans, pas d'ornement Que le gaz pour lancer la fusée sur la plume, Que le goût du danger, sans se tromper d'enclume. Et parfois on fait des pompes à côté de nos chaussures Et l'établi semble être une drôle de créature Être entier exige du doute et des sutures Alors renifle ce froc mal lavé s'appelle littérature La poésie ne se trouve pas dans les salons Suffit pas de jouer les talents, brandir des noms Des référence des révérences sous les plastrons Comme on lècherait le cul d'un patron. Entends les stances des bas-fonds Ça sent la viande et le zyklon, le tsunami et le typhon C'est animal, manier les mots en toutes saisons Ça fait quelques litres de boisson qu'on crache du son Y a des écarts et des déboires, y a du suprême et de l'action Des vents de folie dans les violons Et d'la violence depuis l'enfance dans les maisons Vas-y tonton pousse le bouchon Fais moi sentir qu'on est vivants, qu'on est vibrants Que nous créons un monde pour les mécréants Écrire est lent, mais nous rêvons L'échéance va s'avançant La rage nous soutient l'en dedans et nous rions de ceux qui diront Le jour le l'enterrement : Putain j'ai pas vu passer le temps.
8.
04:33
Mister Bracmard est encore engourdi Il vient d’achever de multiples parties Poches asséchées il sent encore l’adrénaline L’entraîner dans ce tripot aux odeurs câlines Col roulé le corps tout en tension Quel est ce hasard qui lui fit monter la pression Laquelle naguère lui fit perdre la raison Craché juré je ne touche plus à ce poison À peine en position il se jette sur sa proie Ses doigts le dirigent grosse mise sur le trois Ses bourses lourdes d’abstinences accumulées L’engagent sur la piste, l’état de transe est déclaré Les jeux sont faits Le va et vient peut commencer Les jetons les billets ensemble se mettent à danser Dans l’étrange moiteur il sent ses veines se gonfler Un coup, deux coups, trois coups Ça y est il va gerber Assommé, achevé, un râle de son corps jaillit Explosion de ses sens, ses hormones encore ébahies Le forcent à voir le chiffre inscrit sur le tapis Perdu tant pis, la pression est partie Mister Bracmard est encore engourdi Il vient d’achever la première partie Le plaisir de son corps a sur lui l’effet d’un ressort Attendre deux minutes, il tente le record Le temps de se dresser il remet le couvert Son appétit est insatiable il est comme le bois vert Tête enfoncée il enclenche la spirale Ça y est il replonge La partie sera infernale
9.
03:55
Rien ne sert de courir Il faut se recouvrir D'un voile de volupté Si l'espace d'un soupir Nos coeurs semblent s'unir Il faut les accrocher Oh tu t'es plu à danser Il nous faut avancer L'heure n'est plus à penser Perdu dans tes souvenirs Tu t'es pris à sourire Tu t'es mis à rêver Aux vagues espérances Aux êtres de silence Aux yeux abandonnés
10.
Regarder dans les yeux l'avenir qui s'installe Sans ciller, sans broncher sans appeler à l'aide Débarrasser enfin des croyances ancestrales Conduites par le crime à la faim et la haine. Ces croyances maudites ces bavures de l'âme Décimer sur des cartes. Des drapeaux et des dieux. Ce qui jaillit parfois dans la joie et le calme, Légendes et chimères périrent sous leur feu. Et l'idole brandit depuis la nuit des siècles Chacun de leurs bestiaires à son petit musée. Et d'un air amusé les AK-47 Vendus à la sauvette dans les cours de récré Dégrader un peu plus notre ennui qui s'installe Dans l'insécurité d'une ignorante victime. Par la froide lueur qu'est celle de l'or pâle, Un innocent tueur commettra bien le crime. Croyez les écritures ! Lisez donc les Poètes ! Eux, dans leurs manteaux noir, ne se prennent pour dieu Que le temps de la messe. Ils descendent sur terre Quand ils rentrent chez eux inventer des prophètes. Aucun ordre onirique ne luit à leur mémoire Leurs manières diffuses rétablissent l'histoire Bête immonde qui se ment pour broyer les plus faibles. Ils sont les seuls croyants à embellir la fable. Regarder dans les yeux l'avenir qui s'installe Sans ciller, sans broncher sans appeler à l'aide nous survivrons aux bourreaux infâmes pour la cause commune je signe et je plaide. Cloîtrez-vous dans vos tombes, garants des terres saintes Vos messies d'uranium de pétrole et de sable Montrent votre au-delà comme une antre infernale Plutôt qu'un paradis peint de la main du maître.
11.

about

Enregistré en 3 sessions, entre 2012 et 2019.

credits

released October 11, 2019

Enregistrement, mixage :
Fabien Tastet au Studio 33 Tour (Frontenac)
Marc Verdier à La Maison (La Sauve)

Mastering :
Alexis Bardinet - Globe Audio Mastering (Bordeaux)

license

all rights reserved

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about

La Collectore Langoiran, France

Fanfare explosive, La Collectore démonte et détourne tous les codes de l’harmonie municipale, y introduisant sa touche punk hip-hop tout en gardant le côté cuivré, festif et populaire des bandas… le mélange est radical…
Alchimie parfaite de 20 camarades d’horizons divers au service du collectif, de la lutte et de la musique… La Collectore réveille, déroute et bouscule les consciences…
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